Résister à novembre

Une méditation sur l’écriture d’Émile Ollivier

Stéphane Martelly

p. 215-222

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Stéphane Martelly, « Résister à novembre », Chemins critiques, Vol 6, nº 1 | 2017, 215-222.

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Stéphane Martelly, « Résister à novembre », Chemins critiques [En ligne], Vol 6, nº 1 | 2017, mis en ligne le 05 avril 2018, consulté le 18 juin 2018. URL : https://www.cheminscritiques.org/403

J’ai toujours vu mon père de dos. […]
C’était un dimanche de novembre. Des phalanges de nuages gris avaient rapidement couvert le ciel pâle, masqué le contour des arbres et du Morne l’Hôpital. […]
Jusqu’au moment où fut prononcé le nom de mon père, ce qui éveilla mon attention. […]
« Sais-tu qu’il souffre d’une grave maladie des reins ? » La voix hésitante, déroutée de ma mère. « Qu’en pensent les médecins ? Peuvent-ils le guérir ? »
(Émile Ollivier, Mille-Eaux, 1999, p. 13 ; 29‑31)

Puis viendra la poisse de novembre, le mois le plus cruel de l’année. La cruauté de novembre ramènera dans les mémoires l’anniversaire de la mort de Bénissart.
(Émile Ollivier, Mère-Solitude, 1983, p. 209‑210)

Chaque année, nous mourons de novembre. Connaître ce passage inévitable de la mort sans doute nous libère, nous ouvre, en toute cruauté, aux vents du monde et des possibles ; nous rend disponibles à toutes les dimensions de nos imaginaires, aux mémoires alourdies d’improbables dérives, aux généalogies trouées d’encrages et de métamorphoses. Connaître la fatalité de novembre dans des temps enchevêtrés pourrait bien être un soulagement, une ouverture éventuelle à notre liberté. Émile Ollivier savait, dès son premier roman, Mère-Solitude (1983)1, que novembre, même sans les hivers d’exil, et même sans savoir exactement le moment de son décès, était « le mois le plus cruel de l’année ». La mort était datée, sans cesse défiée, dans chaque œuvre et dans chaque semaine, en des milliers de petits novembres, itérations singulières de ce combat pour la « vie en suspens », adossée à sa fin.

Une vie en suspens… ; des traitements itératifs pour insuffisance rénale chronique, des séances d’épuration du sang trois fois par semaine…, pluie, tonnerre, tempête ; des veines fatiguées, un frayage permanent avec la douleur (Ollivier, 1977, p. 68).

Dès lors, la seule variation possible à l’exactitude de novembre, le seul frayage parmi tous ces rappels inscrits dans le corps et dans l’œuvre d’Émile Ollivier, serait de remarquer en même temps la place de l’écrivain, être de chair et de papier, émer­geant peu à peu depuis cette béance. Remarquer, depuis l’ambiguïté de cette place de vie et de mort, la possibilité du mouvement, l’espoir de n’être prisonnier d’au­cune île ou forteresse (Ollivier, 2001c, p. 17), adopter, une fois pour toutes, le trajet sans fin du déraciné, la place désormais très risquée de l’étranger. Remarquer cette place, c’est du même coup surprendre l’émergence d’une véritable œuvre, comme il en existe de moins en moins, l’émergence d’un imaginaire singulier, ample et de complexe cartographie. En connaissant la fin, c’est envisager de se libérer du poids de l’origine comme de celui de la destination, de toute obligation familiale ou de bon voisinage, tout en ayant très haute conscience et de la nation passée, et de la citoyenneté nouvelle, pour finalement se fabriquer, de personnages et de pensée généreuse, une trajectoire et une mémoire pour « arrimer [sans cesse] la beauté des mots à la beauté du monde » (Ollivier, 2001c, p. 28). Dans la distance et les dérives possibles de l’exil, savoir chaque année, chaque semaine, où et à quel moment arrivera la souffrance, et, dans ce battement, s’autoriser la nostalgie qui transcende et qui crée, imaginer des êtres de grand souffle et de métamorphose.

Pour toutes ces raisons, je veux aborder l’œuvre essentielle d’Émile Ollivier à partir de la figure labile et mythique de l’écrivain, telle qu’elle se profile avec dis­crétion dans ses romans, dans ses essais, comme dans les souvenirs de ceux qui l’ont connu. Comme si, une telle figure, à la fois vraie et fausse, jetant une ombre portée sur l’écriture, permettait soudain d’en envisager le trouble et l’épaisseur, le labeur et la portée intime ; comme si, inventée de tous ces rapiècements accumu­lés, elle en révélait davantage toutes les dimensions secrètes.

Commencée relativement tard dans son parcours et soudainement interrom­pue par son décès en 2002, l’œuvre d’Émile Ollivier est incontestablement une œuvre importante et généreuse. Du Paysage de l’aveugle à La Brûlerie, en passant par des œuvres majeures que sont Mère-Solitude et La Discorde aux cent voix, pour se mettre à nu dans les essais Repérages colligés sur le tard, son écriture a le mérite d’embrasser de vastes fresques et de s’appuyer sur une réflexion de belle amplitude et de haute exigence sur la place et la responsabilité de l’écrivain, sur un travail approfondi des personnages, à la fois iconiques et familiers, ainsi que sur une narration redoutablement polyphonique, qui donnent à lire toujours davan­tage que la seule intrigue du récit.

L’œuvre romanesque se révèle prétexte à d’étranges généalogies, animaleries ou théogonies déchues, survivances persistantes dans des mondes en mutations, entre « ostentations » et « métamorphoses » (Satyre, 2006, p. 31). Dans cet univers instable, voire entropique2, à l’image d’Haïti qui le hante et des mouvements qui le traversent, ni les narrateurs, ni l’écrivain n’ont droit au socle lourd des certitudes. Au fil de l’écriture, des subjectivités incertaines, plongées dans ces turbulences se maintiennent, tout en signalant leur fragilité, leur impermanence. Cette ontolo­gie de la métamorphose et de la déréliction est sans doute au cœur de l’écriture d’Émile Ollivier : elle constitue même l’essentielle quête de ses récits, peuplés d’êtres hybrides, à la fois hantés par un pays de mémoire qui leur offrirait terre ha­bitable, confrontés néanmoins à la cruelle friabilité de la terre natale « glissante3 », insaisissable, qui limite leurs aspirations et complique leurs espérances et, finale­ment, attirés par le vent qui leur promet le départ, la liberté de la « déterritoriali­sation » (Ollivier, cité dans Gauvin, 2013, p. 127) ou l’accueil incertain des nations inachevées, dans l’espoir d’échapper à la violence de leurs destins. La lecture d’Ol­livier, engagée par la redoutable familiarité des personnages, la force des figures et archétypes mobilisés, nous propose ce « contre-monde » (Ollivier, 2001c, p. 28) de littérature où un narrateur de l’ombre innerve les désirs et les angoisses d’un peuple imaginaire et procède inlassablement, à l’instar de l’écrivain, au singulier « tri dans [s/ces] chimères » (Ollivier, 2001c, p. 25).

Aujourd’hui que cette œuvre est entière – alors même que se déroulent encore les écheveaux de ses archives – nous voici, examinant cette place ténue depuis laquelle il organise récits et parole, cherchant à percevoir les traces du passage de l’écrivain. Comme si lire et questionner cette figure nous ramenait sur les traces et la promesse de sa littérature. Comme si sa manière de se représenter sujet d’écri­ture, nous laissait comprendre quelque chose sur celle-ci, sur les déports et restes dont elle s’organise et sur lesquels elle s’appuie : souvenirs persistants des mi­litances passées ou du pays d’avant, palimpsestes morcelés des lectures, travail patient du professeur, toujours rendus à travers le patient œuvrement de la langue. Traces et persistances, lentes élaborations qui ont fait de la littérature la seule vraie épopée de sa traversée du siècle dernier (Ollivier, 2001c, p. 12‑16), « mé­moire d’un temps en allé mais irradié de tant de lumières et de tant d’espérance » (Ollivier, 2001c, p. 14).

Évidemment, la figure de l’écrivain est d’abord celle construite à la première personne, apparente dans la lente décantation des essais rédigés sur le tard ou le patient essartage des carnets, précédant l’écriture. Dans ces réflexions minu­tieuses, une image assez nette du sujet de l’écriture émerge, qui apparaît en co­hérence avec celle que laissaient deviner les romans qui l’ont précédée. Sans les élucider, cette figure de l’écrivain semble confirmer la forme imperceptible ou du moins très discrète qui se profilait quelquefois en même temps que le narrateur de ses romans. Une figure qui, dans ces récits, donnait une sorte d’épaisseur, à la troi­sième ou à la première personne, le sentiment d’un accompagnement bienveillant, d’un regard précis et profondément humain sur l’agitation humaine se déployant sur les pages. Un travail d’auteur, somme toute, d’autant plus remarquable que celui-ci savait occuper différentes postures dans différents espaces, différentes voix depuis des perspectives diverses, qualités essentielles de l’espèce presque disparue du romancier, confectionneur de subjectivités fictives, fabulateur de mondes ima­ginaires, artisan de récits.

La plasticité de la posture de l’écrivain rejoint alors la figure du nomade, cette « espèce en voie de prolifération » (Ollivier, 2001c, p. 67), en même temps qu’elle creuse, entre attachement et ouverture cette proposition d’Émile Olliver d’une Haïti vécue et exprimée essentiellement comme « expérience intérieure » (Ol­livier, 2001c, p. 17). Une identité mouvante, fluide, profondément libre, car ap­puyée sur les traces vivaces d’une haïtianité intime et solide4, voire même – éven­tuellement – apaisée.

Devant un tel espace de lieux et d’identités transitoires, la figure du passeur est celle qui revient le plus souvent pour parler d’Émile Ollivier. C’est l’écrivain lui-même qui, dans son œuvre, se fait passeur : passeur de territoires, passeur de perspectives, passeur de trajectoires et de repères. La figure du passeur, sans doute faudrait-il encore l’élargir pour en déployer toute la polysémie, car elle évoque à la fois celui qui effectue la traversée et celui qui, dans une sorte de pédagogie de l’er­rance, la facilite pour d’autres ; à la fois la stabilité des points de départ et d’arrivée et le mouvement du passage qui les contient et les trouble.

Les auvents baissés, les portes closes, les caves des vieilles maisons, les passages souter­rains m’investissent toujours d’une pensée confuse, d’une lancinante inquiétude, la même qui m’oppresse et m’accable toutes les fois que, dans la coulée du temps, les limites entre l’imaginaire et la réalité s’estompent, que l’instant se présente comme un signe à déchiffrer, sans que je puisse déterminer s’il s’agit d’une réminiscence ou d’un commencement (Ollivier, 2001a, p. 159).

L’écrivain en ce sens apparaît transcender les injonctions des lieux pour per­mettre l’expérience des possibles depuis la matière même de la langue. À travers le mouvement qui est avant tout une profonde « [déprise] de soi » (Ollivier, 2001c, p. 21), il se découvre « pluriel » (Ollivier, 2001c, p. 24) et « outsider » (Ollivier, 2011, p. 49), mouvement qui le place entre le pays haïtien qui se défait et la na­tion québécoise moderne, à inventer. Être « Québécois le jour et Haïtien la nuit » (Ollivier, cité dans Jonassaint, 1986, p. 88), c’est soumettre les deux territoires au bouleversement de l’exil pour en faire, même dans la douleur, une chance à saisir : celle de perdre et de retrouver dans une langue d’écrivain un nouveau lieu d’énonciation, un espace polyphonique, une « double langue » qui « bruisse » (Ol­livier, 2011, p. 132). À cet égard, le voyage essentiel est la métabolisation, dans la langue, de ces contradictions. Au-delà du bilinguisme Français et Kreyòl, il s’agit non seulement d’une écriture « en présence de toutes les langues du monde » (Glissant, 2008), mais plus encore, dans l’écriture elle-même, un « bruissement », un froissement, un feuillage, un étagé. Un mouvement qui permet à la langue de « travailler le corps » (Ollivier, 2001c, p. 2) et la mémoire, et qui, ébranlant le sujet, lui proposant la vacillation comme une modalité et une possibilité de soi, le conduit, plus encore que l’exil, à perdre et à retrouver, dans la chose littéraire, un lieu d’énonciation.

Car, chez Émile Ollivier, accaparés par l’ample vague de fond que constitue la mémoire5, on oublie parfois qu’il est aussi beaucoup question de mouvement et de liberté. Ces (dé)liaisons et ces (dés)engagements sont d’autres tensions de son écriture qui s’expriment tant dans son courageux refus de s’aligner strictement à une idéologie que dans son souci de faire advenir dans la chose littéraire une di­mension éthique mettant essentiellement en jeu le sujet lui-même, travaillé, mé­tamorphosé dans ses parcours et dans la vaste panoplie de ses personnages.

L’éthique du sujet est celle qui le met aux prises avec l’ouverture et la fragilité, voire le pathétique qu’il perçoit de la condition québécoise et de ses tensions (Olli­vier, 2001c, p. 42‑43 ; 23), avec les douleurs insurmontables d’une Haïti en deçà de ses promesses et de son espérance (Ollivier, 2001c, p. 5), toutes deux conditions logées au cœur de soi. C’est une telle exigence qui le conduit à développer une qualité dans l’écoute et une acuité dans l’expression, qu’il s’agisse de penser les identités modernes, de déployer des mémoires inventées autorisant la singularité et la discordance, d’exprimer avec retenue et lucidité des souffrances intimes et politiques, personnelles et sociales et, de toute évidence, compliquées tant par la distance que par l’impossibilité pour l’étranger d’arriver jamais à destination. Sans parler à la place de personne, sans se nicher dans des idéologies réconfortantes où toutes les places sont d’avance assignées ; en brisant, à chaque lignée imaginaire, à chaque tracé singulier, toutes les formes de l’exiguïté (Ollivier, 2001c, p. 2).

À en croire les conteurs, ce n’est pas le lieu qui marque le combat, c’est plutôt le combat qui marque le lieu. Il ne sert à rien, concluent-ils avec assurance, de s’interroger sur la véracité des faits. Dans la vie, tout est vrai, ou plutôt tout est vérité dans le temps du conte, pourvu que chaque conteur arrive au bout de son récit. (Ollivier, 2001b, p. 57)

Ainsi, l’écrivain de solitude, « ethnologue de [soi]-même » (Ollivier, 1999, qua­trième de couverture), aura ce courage6 de la place trouble, à la fois suspecte et admirable7, causée par ce pas dégagé sur des chemins ouverts dans lesquels les formes changeantes des personnages ne sont que les marques visibles de la fluidité du sujet d’écriture. Peut-être dans cette utopie singulière des corps, chargés d’ins­crire, dans l’apparence, les mythes dont ils sont traversés, faudrait-il lire un infini déchiffrement du monde, tendu par la volonté d’y inscrire « l’angoisse de vivre et de mourir ». Peut-être au contraire, faudrait-il percevoir cette utopie comme une généreuse disponibilité des récits à accueillir et travailler humblement, telles les œuvres d’un « écrivain-public » ou d’un « traducteur », toutes les voix sans écho, étouffées par la grande houle des migrations, du « devenir minoritaire » ou des sempiternels décentrés, produits par toutes les cités et toutes les cathédrales.

Quoi qu’il en soit, si c’est vraiment de novembre que nous mourons, espérer ainsi chevaucher le vent et nous libérer du passage. Du moins de son poids, de ses douleurs qui transforment nos ancrages en prisons à ciel ouvert.

Risquer soudain l’arrivée, dans un territoire qui n’a pas encore reconnu son propre avènement. En l’absence de place, refuser les assignations et aménager la sienne propre, aménager l’accueil possible et les impasses, de part et d’autre, de l’inaccompli ; y poser ses traces de langue bruissée, y déployer ses racines en ré­cits, veinures de profonde légèreté qu’il est possible de ne jamais fixer ; refuser les enfermements pour participer pleinement sans jamais appartenir tout à fait ; pour mieux autoriser, par la grâce de la littérature, des départs innombrables.

Si c’est en novembre que nous partons, laisser notre vingtaine sur le quai et nous iriser dans ce passage où se faufilent, lourds de mémoire, les « adepte[s] du vent levé » (Ollivier, 2001c, p. 25).

Nous élever de toutes ces indépendances dont, « otage[s] et protagoniste[s] » (Ollivier, 2001c, p. 19), nous sommes fabriqués, porter les voix éteintes dans ce moment où, adossés aux généalogies imaginaires de l’écrivain, nous pouvons, œuvrant de métamorphoses libératrices et promises au désastre, inventer le monde, et donc nous en défaire, et donc ouvrir des brèches dans la pesanteur des destins.

Nous pourrons alors les fracturer de notre rire tonitruant et tragique sur la grande farce humaine et interrompre, ne serait qu’entre jour et nuit, la violence inhabitable de solitude où nos pères sont de dos et où nous hurlons seuls.

1 Son livre précédent, Paysage de l’aveugle (Ollivier, 1977) est souvent considéré comme un diptyque de deux nouvelles.

2 Satyre définit cette esthétique comme baroque, soit le « sentiment de la fragilité des choses de ce monde » (2006, p. 24).

3 Du proverbe haïtien « Ayiti, se tè glise », soit : Haïti est une terre glissante (ma traduction).

4 Et ce, même quand Ollivier est très critique vis-à-vis de son pays d’origine.

5 Et ce, à juste titre, car comme le signale l’auteur : « La mémoire était la condition de ma continuité. Perdre la mémoire, ce serait comme si je

6 « Il faut beaucoup de courage, de nos jours, pour refuser de “reprendre du service” pour rester en dehors des cercles de pouvoir et demeurer froid (

7 « L’écrivain suscite de l’admiration et en même temps, il est l’objet de soupçons, voire de suspicion. » (Ollivier, 2001c, p. 18)

Gauvin, L. (2013). « Émile Ollivier : l’élaboration d’une œuvre », dans S. Brodziak, Haïti. Enjeux d’écriture, Paris, Presses universitaires de Vincennes, Université Paris 8 Saint-Denis, p. 127‑146.

Glissant, É. (2008). « J’écris en présence de toutes les langues du monde », Sens public, <http://www.sens-public.org/article.php3?id_article=614>, consulté le 17 décembre 2016.

Jonassaint, J. (1986). Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir, Paris et Montréal, Arcantère et Presses de l’Université de Montréal.

Ollivier, É. (1977). Paysage de l’aveugle, Montréal, Pierre Tisseyre.

Ollivier, É. (1994). Mère-Solitude (première édition 1983), Paris, Le Serpent à plumes.

Ollivier, É. (1999). Mille-Eaux, Paris, Gallimard.

Ollivier, É. (2001a). « Dans la blanche visibilité », dans Regarde, regarde les lions, Paris, Albin Michel.

Ollivier, É. (2001b). « Mémorable combat », dans Regarde, regarde les lions, Paris, Albin Michel.

Ollivier, É. (2001c). Repérages, Montréal, Leméac.

Ollivier, É. (2011). Repérages 2, Montréal, Leméac.

Satyre, J. (2006). Émile Ollivier : cohérence et lisibilité du baroque, Montréal, CIDIHCA.

1 Son livre précédent, Paysage de l’aveugle (Ollivier, 1977) est souvent considéré comme un diptyque de deux nouvelles.

2 Satyre définit cette esthétique comme baroque, soit le « sentiment de la fragilité des choses de ce monde » (2006, p. 24).

3 Du proverbe haïtien « Ayiti, se tè glise », soit : Haïti est une terre glissante (ma traduction).

4 Et ce, même quand Ollivier est très critique vis-à-vis de son pays d’origine.

5 Et ce, à juste titre, car comme le signale l’auteur : « La mémoire était la condition de ma continuité. Perdre la mémoire, ce serait comme si je perdais mon nom et mon ombre ; cela aurait signifié une blessure grave, vive, faite à mon identité. » (Ollivier, 2001c, p. 1).

6 « Il faut beaucoup de courage, de nos jours, pour refuser de “reprendre du service” pour rester en dehors des cercles de pouvoir et demeurer froid (comme le marbre) vis-à-vis des héros du jour et de leur culte. […] Il faut également beaucoup de courage pour assumer sa condition d’homme appartenant à un double hori­zon pour assumer la coexistence de plusieurs cultures et plusieurs langues et d’une multiplicité de valeurs. » (Ollivier, 2001c, p. 18)

7 « L’écrivain suscite de l’admiration et en même temps, il est l’objet de soupçons, voire de suspicion. » (Ollivier, 2001c, p. 18)

Stéphane Martelly

Université Concordia

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