Le lointain

Monchoachi

p. 211-214

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Référence papier

Monchoachi, « Le lointain », Chemins critiques, Vol 6, nº 1 | 2017, 211-214.

Référence électronique

Monchoachi, « Le lointain », Chemins critiques [En ligne], Vol 6, nº 1 | 2017, mis en ligne le 05 avril 2018, consulté le 18 juin 2018. URL : https://www.cheminscritiques.org/401

Dédié à Georges B. MAUVOIS

« La grandeur de la proximité
Ne se mesure pas suivant
La petitesse d’une distance, mais
Suivant l’ampleur du lointain 
»

Quel
Qui de loin nous vient
Et mène loin
Et jamais seul,
Compère conné, compère connin
Lap lape eau
Parole
Avec nous marche chemine
Trace ouvre
Monde lhorizon
Parole
A écouter du plus lointain qu’elle vient
Dans une lumière sûre
Dire
Montrer l’à-paraître
Appeler lointain encore inapparent
Hors à s’absenter ou à se déliter
Après que le Proche eut été dévoyé
A tel
Tel
présentement
En le sans distance ni mesure

 

Nègue-fèille

Longue cascade de sons,
La voix comme parle le tambour
                           qui sait le récit
                           qui l’a entendu et appris
Seigneur de l’oreille, Maître de l’oeil et de la bouche creuse,
Nourri selon le rite,
Bouche qui a valé la magie,
Qui asaisi les puissances,
                 dans les bouches des aeux pris possession des confins,
                       lié des myriades.
La voix qui harpe le message de l’oracle
                 Sous l’oeil du detin compté l’année soûle

 

                       charme magie beauté
                              lumière

 

Voici des sans-bouches qui sourd des rhombes,
Voix qui court sous les eaux, ébranle la montagne
Elle exulte, elle chancelle, elle culbute
Voix juste de voix
Fait surgir la couronne scintillante au sommet du Lointain,
Bouche-termitière d’où partent fils.
                 jeux ficelles
                 jactance,
                 bois-chèche,
                           voix forte dans contrée lumière
                      roule dans le val
                      plonge dans l’abysse
                      monte dans l’air,
                      tombe dans
                                VIDE

 

                      « ô, amour qu’on porte est amour du jour
                 Amour qui vous porte est amour de toujours
 »
Le dessein est tout dans la matrice.
Corps creusé, évidé
                 tit brin bòsco,
                 ti brin bossi,
Art musical        bossi corps dare-dare
Creux comblé de belle pauvreté
Corps allegé du lanmisè bésoin bisoin
Lanières tendues, clairières ouvertes, pleine intensité sonore,
                      vibré dans la hauteur,

 

C’est lui qui est lui
        et vice versa
Paraître en tant que,
        lui en tant que lui
                est apparu,
C’est lui que lui
             et lui-même que lui,

 

Et les filles qui émergent une à une à la lune
Mettent leur corps à danser,
Se posent sur le corps avec les rêves,
        Filles belles comme feuilles d’ègbési
        peau lisse lisse saupoudrée d’osun,
Feuille pubienne ôtée,
Noix kola ouvertes aux rives du fleuve
Passage frayé
        Paroles en harmonie
                pour réveiller toutes choses
        voix OJA dans orage
     le savoir : un feuillage,
La tête est un feuillage, O ja heh !
Nègue-fèille en-bas fèille.
La paix est dans la cour : salutation
Offrande pour glorifier sans empêchement
                                ni amoindrissement,

                                Tous les chemins sont ouverts

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